Sur les ailes du Vent

Rêveries et cheminement au coeur de la Vie, au creux des Mystères, au gré des Vents...

vendredi 24 octobre 2008

Le Voile déchiré

Troyes
Dessin d'Eric S - "Troyes"

Il m'a fallu apprendre.

Patience. Ténacité. Doutes (oh les doutes !). Découragement. Recouragement. Se simplifier. Se vider. Faire Silence.
Pour finir par m'entendre dire...

"Tu en as mis du temps !"

fio1

Et voilà.
Oui, nous sommes parvenus à déchirer ce voile de l'impossible frontière.

Pourquoi vous raconter tout cela ?
Croyez-moi ou ne me croyez pas. Peu importe. Certains d'entre vous penseront certainement que j'ai définitivement sombré dans la douce folie. Peu importe. D'autres auront certainement des explications plus "cartésiennes". Peu importe. Si cette histoire vécue peut rendre espoir à un seul d'entre vous, si elle peut vous faire envisager la vie sous un angle différent, celui de la Vie, alors... tout sera bien.

Pourquoi maintenant ?
En fait, dans quelques jours sera l'anniversaire de sa mort. Occasion pour moi de regarder un peu en arrière le chemin parcouru depuis... Si j'ai parfois la nostalgie de sa présence "physique", il n'en reste pas moins que je ne peux que m'émerveiller de tout ce qu'il m'Enseigne, de tout ce qu'il m'Offre, avec une Patience et un Amour infinis.

Car depuis ce jour, il m'Accompagne, m'entraîne et m'enseigne la Vie.

Et... pour ceux que cela inquiéterait, cela n'empêche absolument pas d'avoir les pieds sur terre et de s'inscrire dans la "réalité" de la vie ;-)

Article en 5 parties : 1. Mon frère - 2. Miroir brisé - 3. La mort n'est rien - 4. Signes de piste - 5. Le Voile déchiré

Onde : Vent Terral - Tags : , ,
Posté à 09:45 - Vos mots [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 23 octobre 2008

Signes de piste, piste de Signes...

Qu'est-ce qu'on attend ?
Dessin d'Eric S - "Qu'est-ce qu'on attend ?"

Alors est venu le temps du deuil.
Une vie qui continue, une absence à apprivoiser... doucement, lentement, jour après jour.

Absence ?
Pourtant...

Trois jours après l'enterrement, j'ai bien failli tomber raide lorsque j'ai découvert dans ma messagerie un e-mail en provenance directe de chez lui, qui commençait par ces mots : "Coucou, c'est moi, ne sois pas surprise..." ! Le papa avait utilisé l'ordinateur de son fils, le sien étant tombé en rade...

Quelques jours plus tard, c'est une image qui est tombée dans ma boitàmèl par mégarde... une image spéciale entre lui et moi...

Et puis il y a eu cette odeur venue de nulle-part, effluve d'after-shave (pas top d'ailleurs l'after-shave, il faut bien le dire, si bien qu'elle fut remplacée par la senteur des fleurs de lys, heureusement !)...

Et puis, des mots bizarres, tombés comme "par hasard" au détour de conversations anodines...

Et puis, des rêves, étranges, dont celui d'un téléphone aux boutons scellés, et lui qui me disait : "la communication ne peut pas être coupée entre nous"...

Et puis cette chanson qui n'arrêtait pas de courir sur toutes les radios...

... et puis... j'en passe. Les mois passaient, et rien ne s'arrêtait, comme un irrésistible... appel.

Oser croire ?
Ou aller voir un psy et se faire interner d'urgence ?
C'est grave, non, d'être en manque à ce point ?
J'avais beau croire déjà en un au-delà Vivant, j'avais beau savoir qu'il y avait des possibilités de "contacts" entre les mondes, j'avais franchement du mal à "oser croire" que tous ces "hasards" et coïncidences cumulés pouvaient être des signes de lui. Et je croyais sincèrement devenir cinglée.

Et puis, il y a eu le coup de grâce.
Je n'avais parlé de tout ceci à personne. Mais son épouse vint un jour me voir, et tout en me racontant une très étrange histoire qui lui était parvenue par un biais détourné, une histoire qui disait que notre bonhomme "n'allait pas bien", elle m'offrit un livre : "Un soleil trop tard".

Je le lus d'une traite.
En le refermant, je savais à cet instant précis que ma vie prenait un nouveau tournant.

Article en 5 parties : 1. Mon frère - 2. Miroir brisé - 3. La mort n'est rien - 4. Signes de piste - 5. Le Voile déchiré

Onde : Vent Terral - Tags : , ,
Posté à 15:47 - Vos mots [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 22 octobre 2008

La mort n'est rien

Guirlande de lumières

                La mort n'est rien,
                Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
                Je suis moi.
                Vous êtes vous.
                Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
                Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
                Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
                N'employez pas un ton différent.
                Ne prenez pas un air solennel ou triste.
                Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
                Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
                Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été,
                Sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
                La vie signifie ce qu'elle a toujours signifié.
                Elle reste ce qu'elle a toujours été.
                Le fil n'est pas coupé.
                Pourquoi serais-je hors de vos pensées,
                Simplement parce que je suis hors de votre vue ?
                Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
               
Canon Henry Scott-Holland (1847-1918)

La guirlande de lumière joue sur le mur blanc à travers les ombres de cet automne pluvieux...
La voix du lecteur imprime chaque mot directement sur mon âme.
Je sais tout cela, mais pourquoi aujourd'hui ces mots semblent-ils si particuliers ? Il y a dans l'air une vibrance spéciale... bizarre... presque sereine ?

Tout cela est si... étrange.

"La mort n'existe pas"... oui, je sais. Ma grand-mère me l'a "dit"... parfois son odeur vient m'entourer comme un coucou, comme un tendre baiser...
Mais lui, franchement, il a d'autres trucs à faire, non ? et s'il doit chatouiller les pieds à quelqu'un, il a d'autres gens à visiter, c'est sûr !

La guirlande de lumière joue sur le mur blanc... comme un clin d'oeil... comme une Présence...

Et sa famille, ses amis se serrent autour de lui.

Article en 5 parties : 1. Mon frère - 2. Miroir brisé - 3. La mort n'est rien - 4. Signes de piste - 5. Le Voile déchiré

Onde : Vent Terral - Tags : ,
Posté à 15:23 - Vos mots [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 21 octobre 2008

Miroir brisé...

Outremonde
Dessin d'Eric S - "Outremonde"

Bon, il faut avouer quand même que le jour de son départ ne fut pas des plus faciles. Je le confesse, je me suis mise en colère, j'ai tempêté, j'ai ragé, je lui ai hurlé tout bas mon désespoir. Je l'ai engueulé, vous n'avez pas idée !
Et lui qui restait là, sans mot dire...

De ce cauchemar là, je voulais me réveiller. Nous avions encore toute une vie à partager, tant de choses à nous dire, tant de secrets, tant de confidences, tant de non-dits... Tant de projets aussi. Oui, nous avions ces projets là. On allait en faire quoi, hein, de ces projets ? Ce premier dessin par exemple, ce ne pouvait pas être le dernier !
Et lui qui restait là, sans mot dire...

On ne vient pas dans une vie prendre autant de place pour laisser un tel vide après. 3 ans c'est trop court. Et puis on avait tout préparé pour le week end en familles. Il n'avait pas le droit de nous laisser avec toute cette boustifaille sur les bras, on ne se désiste pas comme ça en dernière minute, ça ne se fait pas !
Et lui qui restait là, sans mot dire...

Faut dire qu'il avait l'air kon entre ces deux anges de pierre moches.
Faut dire qu'il avait l'air kon dans sa boite à clous.

Article en 5 parties : 1. Mon frère - 2. Miroir brisé - 3. La mort n'est rien - 4. Signes de piste - 5. Le Voile déchiré

Onde : Vent Terral - Tags : ,
Posté à 14:26 - Vos mots [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 20 octobre 2008

Mon frère...

Arbre
Dessin d'Eric S - "Arbre"

Mon frère...

D'aussi loin que je m'en souvienne je l'ai toujours imaginé, ce frère manquant. Une absence comme une plaie béante, un rêve secret comme un clou planté dans mon âme et ma conscience. Un vide comme une brûlure absolue. Je n'ai pas grandi une seconde sans penser à lui, l'imaginant quelque part dans ce monde si vaste.

Je l'imaginais, et je lui confiais en pensée mes peines et mes joies, mes extases et mes douleurs, mes craintes et mes jeux d'enfants. Et quand le vide de lui était trop grand, j'inventais un nombre incalculables de scénarios pour le jour de notre rencontre... ressentant d'avance cette joie de le 're'voir, de le 're'trouver, ressentant déjà sa force m'enlacer et me combler.

Protecteur et facétieux, triste et gai, grand et fort (évidemment)... Allez savoir pourquoi, je l'imaginais musicien...

Et puis j'ai grandi. J'ai remisé mon rêve au plus profond de moi, sans l'éteindre pour autant, mais sachant qu'il n'était qu'un rêve d'enfant, peut-être un peu trop seule, peut-être à l'imagination un peu trop fertile... peut-être...

Mais... ce vide là restait.

Et puis...

Et puis il est venu ! Au détour des pixels, au détour d'une vie, il a débarqué dans la mienne. Comme ça, sans crier gare. Sans que je ne m'y attende, oui, il était là.

Il y a des rencontres dans la vie, qui ont un goût de merveilleux, un goût d'éternité. On ne les comprend pas, mais elles nous font vibrer de façon si intense qu'on a parfois l'impression que le coeur va s'en décrocher.

Il est venu.
Et puis il est parti.
Mais son absence maintenant n'est plus un vide. Elle est un Plein.

Article en 5 parties : 1. Mon frère - 2. Miroir brisé - 3. La mort n'est rien - 4. Signes de piste - 5. Le Voile déchiré

Onde : Vent Terral - Tags : , , ,
Posté à 16:15 - Vos mots [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 10 juillet 2008

L'éternité est l'anagramme d'étreinte...

Born to Fly (Vladimir Kush)
Peinture de Vladimir Kush - "Born to Fly"

L'Eternité est l'anagramme d'étreinte.
(Henry de Montherland)

Aujourd'hui une goutte de vie, goutte d'eau au sein d'une éternité, était trop lourde à porter, trop lourde à vivre... alors il a choisi de rejoindre l'Eternité.
Je ne peux m'empêcher de pleurer sur la souffrance endurée, celle qui conduit un être à commettre un acte d'une telle irrémédiabilité. Cette douleur si profonde que rien ni personne ne semble pouvoir l'endiguer...

Personne n'a à juger d'un tel choix, juste à poser un peu d'amour, là où il a manqué.
Je te souhaite, Cousin, de trouver dans cette Etreinte la Douceur et la Paix.

Onde : Vent Terral - Tags : , ,
Posté à 00:32 - Vos mots [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1